Muthuswamy Pillai

( vers 1920 -1992)

Shri V. S. Muthuswamy Pillai est issu d’une famille de nattuvanar qui travaillaient pour le service du temple depuis cinq générations. Son père s’appelait Vaidyanatha Pillai, son grand-père Meenakshi Sundaram Pillai, son arrière-grand-père Muthuswamy Pillai, son arrière-arrière-grand-père Mahadeva Pillai. Ses ancêtres étaient des musiciens célèbres des cours royales et étaient appelés “Ashtana Vidvan”. Muthuswamy a été formé par son père à l’âge de huit ans à la danse et au chant. À seize ans, il fut envoyé chez le maître Manarkudi Muthukumara Pillai, qui avait formé des danseurs célèbres comme Ram Gopal, Mrinalini Sarabai ou Rukmini Devi Arundale. À vingt ans, il enseignait aux devadasi Yogam Mangalam, Tiruchur Premavathi, Vellur Rajalakshmi, L.Vayjayanthimala, et les accompagnait durant les rituels dans le temple et pour les cérémonies de mariage des gens fortunés. Avec l’abolition du système des devadasi, les maîtres de danse se retrouvent sans emploi, et émigrent vers les villes pour trouver du travail. Son grand-père, Meenakshi Sundaram Pillai, se met à travailler pour le cinéma. En 1959, Muthuswamy Pillai est invité à enseigner la danse à Madras. C’est ainsi qu’il commence une nouvelle carrière d’enseignant, hors du cadre du temple. Il est très vite remarqué par les réalisateurs de cinéma qui l’invitent comme chorégraphe pour illustrer des chansons de films, et il devient le professeur d’actrices comme Vyjayanthimala Bali, Kamala, etc. À partir des années 1970, il devient ensuite le maître d’un certain nombre de danseuses françaises.

Son style était brillant, incisif. Excellent rythmicien, il avait aussi un sens aigu de l’organisation de l’espace : il aimait par exemple à multiplier l’exécution des adavu, “figures de danse” dans toutes les directions. Il n’hésitait pas à modifier des détails de style pour favoriser une exécution aisée dans la vitesse rapide, et ainsi garder toujours une grande clarté des lignes. Sa très grande créativité le poussait à inventer sans cesse de nouveaux pas et à enrichir en permanence le système des adavu qu’il enseignait. Il se mêlait peu à la vie culturelle de Madras, et vivait retiré dans un petit local près du temple de Mylapore. C’était un homme très simple, doté d’un grand sens de l’humour. Il faisait partie de la dernière génération des maîtres de danse venant de l’ancienne tradition des temples, et qui a dû s’adapter à une organisation sociale nouvelle pour continuer à faire vivre l’art du bharata natyam.